janvier 16, 2021

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Russie/Iran: ce dont craint Israël

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Israël continue à se soucier de ce qui se passe entre Moscou et Téhéran : Près de dix ans de partenariat militaire aux côtés de l’armée syrienne a créé des liens « indéfectibles » qui selon une étude du Centre d’études stratégiques Begin–Sadat (BESA Center) ne sont pas prêts à s’affaiblir de sitôt, « au contraire, la Russie voyant en Iran l’unique allié capable de défier les USA au Moyen-Orient  » et l’Iran « jugeant la Russie, un allié solide et fiable » :

 » Ce que la Russie est en train de faire, c’est contribuer au renforcement de la pensée géopolitique de l’Iran de l’ère post-Soleimani »:  » A vrai dire, l’assassinat de Soleimani le 3 janvier semble avoir créé une solidarité supplémentaire et rapproché Moscou de Téhéran. Aussi bien sur le plan diplomatique que sur le plan de coopération militaire, pas une seule fois Moscou n’a pas démenti cette nouvelle dynamique relationnelle, constate le Centre. 

Et l’article d’ajouter :  » Après l’assassinat du général Soleimani, l’attention s’est plutôt portée sur le conflit américano-iranien que sur le rôle de la Russie sans doute à tort. En premier lieu, il est important de comprendre la place que revête l’Iran dans la stratégie moyen orientale de la Russie et qui présente une énorme menace pour Israël.  Le partenariat russe avec l’Iran dont la puissance géopolitique au Moyen-Orient n’est plus contestable, compte énormément pour Moscou. La politique iranienne est conforme à la logique qui régit l’élite politique russe qui dès les années 90 pensaient que l’Iran devait devenir le principal partenaire de la Russie au Moyen-Orient, sinon le pays qui aiderait Moscou à faire son entrée sur la scène moyen-orientale. Si la Russie veut contenir l’infiltration des puissances occidentales en Asie de l’Ouest, l’Iran apparaît comme un allié indispensable. Pour la Russie contemporaine, le rapprochement envers l’Iran est donc une stratégie à ne pas changer car des relations conflictuelles voire hostiles avec Téhéran , vu le poids dont jouit ce dernier, amoindriraient la marge de manœuvre russe ».

 » Et puis les deux pays partagent une même vision géopolitique : les relations de la Russie avec l’Occident se sont détériorées ces quelques dernières années. La Russie s’est adaptée à ce que l’on appelle le monde « multipolaire », elle en a tiré, de gré ou de force, toutes les conclusions nécessaires. Le monde actuel assistant à l’avortement progressif du siècle de l’hyperpuissance américaine, d’autres centres d’attractions géopolitiques ont vu le jour : la Chine, la Russie, l’Inde et l’Union européenne. Ce fait a été analysé, et compris, par les responsables de la Russie et, sur ce point, il est frappant de constater les similitudes entre la politique russe et la politique étrangère iranienne. »

Et l’étude poursuit : « Or le rôle de l’Iran est crucial car c’est un acteur intelligent et pragmatique: il s’oppose littéralement aux États-Unis, menace leurs intérêts,, va jusqu’à les déstabiliser mais sait comment faire en sorte que les Etats-Unis n’aient pas envie de lui faire la guerre. L’Iran peut déplacer ses forces en Syrie et au Liban, avoir une influence profonde au Yémen et en Irak, et défier les troupes américaines en Afghanistan et dans la région du golfe Persique et à Bab el-Mandeb, défier les bases US dans toute la région, se moquer de l’armée de l’air, de la marine US sans que l’Amérique ait vraiment envie de lui riposter. C’est ce tact qu’apprécie Moscou et qui fait de l’Iran un partenaire fiable pour la politique multipolaire que prône la Russie, même plus fiable que la Chine. Depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, la politique iranienne s’aligne parfaitement sur celle de la Russie au Moyen-Orient. Pendant des décennies, la Russie a été presque le véritable allié de l’Iran au grand dam d’Israël qui ne pourrait pas autant dire des Etats-Unis. Maintenant que les relations de l’Iran avec les États-Unis filent un mauvais coton, la confiance en la Russie se fera plus grande. L’Iran jouera certes avec la carte de la Chine. Mais son « as » est russe. Cette alliance est un obstacle énorme que Tel-Aviv n’a pu surmonter même en dépit d’un millier de frappes contre la Russie ». 

parstoday

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