janvier 22, 2021

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Présidentielle américaine : Quels sont les grands défis qui attendent Joe Biden à la Maison Blanche ?

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Présidentielle américaine : Quels sont les grands défis qui attendent Joe Biden à la Maison Blanche ?

ELECTION Lutte contre la pandémie, relance de l’économie, fracture raciale, enjeux climatiques, relations internationales… Joe Biden va maintenant devoir « se mettre au travail »

  • Le démocrate Joe Biden, 77 ans, a été élu ce samedi 46e président des Etats-Unis.
  • Le nouveau président hérite d’un pays divisé par de nombreuses fractures, et ébranlé par une crise sanitaire et économique de grande ampleur.
  • Lutte contre la pandémie, relance de l’économie, fracture sociale et raciale, enjeux climatiques, relations internationales… 20 Minutes fait le point sur les principaux défis qui attendent le 46e président américain.

Après quatre jours de suspense intense, le candidat démocrate Joe Biden, 77 ans, a été élu président des Etats-Unis. Celui qui devient le 46e locataire de la Maison-Blanche a promis samedi d’être le président qui unifiera l’Amérique, après quatre années de tumulte et de divisions. « Je m’engage à être un président qui rassemble et non pas qui divise », a lancé Joe Biden.

Le nouveau président hérite d’un pays divisé, et ébranlé par une crise sanitaire et économique de grande ampleur. Lutte contre la pandémie, relance de l’économie, fracture sociale et raciale, enjeux climatiques, relations internationales… Joe Biden va maintenant devoir « se mettre au travail ». 20 Minutes fait le point sur les principaux défis qui attendent le président américain.

  • Réconcilier une Amérique divisée

Réconcilier une Amérique divisée et polarisée à l’extrême sur tous les sujets sera sans doute l’un des défis les plus importants de Joe Biden. Donald Trump n’a jamais réussi – ni voulu – endosser le costume de président de tous les Américains après son élection en 2016. Il n’a gouverné que pour son camp, attisant les discours haineux, se montrant même complaisant avec les suprémacistes blancs. Joe Biden va tenter d’apporter de la nuance.

Comparant l’Amérique à une nation « exténuée », le candidat démocrate s’est engagé à reconstruire du lien entre ses citoyens. « Il n’y aura plus d’Etat bleu et d’Etat rouge quand nous aurons gagné, seulement les Etats-Unis d’Amérique », a-t-il lancé au soir de l’élection. « Pour avancer, nous devons arrêter de traiter nos opposants comme des ennemis. Nous ne sommes pas des ennemis », a-t-il également déclaré.

  • Freiner l’épidémie de Covid-19

Joe Biden va rapidement devoir enfiler une blouse blanche. L’épidémie de Covid-19 a déjà tué plus de 233.000 personnes aux Etats-Unis, ce qui en fait le pays le plus endeuillé au monde. Dès son arrivée au pouvoir, Joe Biden veut mettre en place une stratégie nationale pour « prendre de l’avance » sur le virus : loi d’envergure au Congrès pour financer une campagne nationale de tests « dont les résultats seront disponibles immédiatement », fabrication aux Etats-Unis des produits et équipements médicaux, port obligatoire du masque dans les bâtiments fédéraux et dans les transports entre Etats, et gratuité « pour tous » du futur vaccin.

Accusant Donald Trump de saper l’autorité de ses propres experts sanitaires, Joe Biden a promis de prendre conseil auprès du Dr Anthony Fauci, membre très respecté de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus. Il veut « ôter les muselières de nos experts pour que le public ait les informations qu’il mérite et dont il a besoin ». Il compte aussi annuler la procédure de retrait des Etats-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lancée par Donald Trump en juillet.

  • Relancer l’économie du pays

Le vote d’un vaste plan d’aide pour la relance de l’économie est l’autre priorité de Joe Biden, qui compte sur sa capacité à convaincre les élus républicains pour sortir de l’impasse actuelle au Congrès. Il a présenté un ambitieux plan de relance de la production américaine après la crise du coronavirus, d’un montant de 700 milliards de dollars. Pour le financer, il augmentera les impôts des Américains les plus riches et des grosses entreprises, notamment en doublant la taxe sur les bénéfices réalisés à l’étranger.

Joe Biden prévoit aussi de doubler le salaire minimum pour venir en aide aux classes moyennes, le passant à 15 dollars de l’heure au niveau fédéral. Certains États (comme New York et la Californie) ont déjà mis en place sur leur territoire un salaire minimum supérieur au salaire minimum fédéral actuel qui n’atteint pas les 8 dollars de l’heure. L’ex-bras droit de Barack Obama a également promis d’investir massivement dans les énergies renouvelables. Joe Biden veut aussi que les recettes fiscales soient réinvesties dans des programmes sociaux, dans l’éducation, et dans la modernisation des infrastructures.

  • Réduire la fracture raciale

Le plan Biden prévoit une approche économique sur la question de la fracture raciale, pour plus d’équité et pour résorber les écarts de revenus qui continuent de peser sur les minorités. Le président démocrate a annoncé qu’il prendrait des mesures notamment contre la ségrégation géographique. Et dans un pays où 28 millions de personnes n’ont pas de couverture maladie, il compte stopper l’œuvre de démolition entreprise par l’administration Trump concernant l’Obama Care, en proposant une « assurance accessible au plus grand nombre ».​ Cette question de la fracture raciale sera probablement un sujet que suivra tout particulièrement la vice-présidente Kamala Harris, très investie sur les questions de justice, police et racisme institutionnalisé.

  • Miser sur l’environnement en réintégrant l’Accord de Paris

L’un des engagements les plus forts de Joe Biden concerne le climat. Dans ce domaine, il tient absolument à se distinguer de Donald Trump et il l’a martelé tout au long de la campagne. Le président élu compte réintégrer les États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat, qu’ils viennent pourtant officiellement de quitter, à la suite de décision prise par Donald Trump. L’un des objectifs de l’accord de Paris, signé en décembre 2015 par 195 pays, est de contenir la hausse des températures à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le président élu compte aussi débloquer 2.000 milliards de dollars dans les quatre ans pour un plan colossal de lutte contre le réchauffement climatique. Il réunira par ailleurs durant les premiers mois de son mandat les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet sur le climat où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements. Il a aussi promis d’annuler les décisions de Donald Trump qui avait révoqué ou assoupli toute une série de normes environnementales.

  • Renouer avec les instances internationales, et s’engager vers plus de multilatéralisme

Joe Biden va devoir en serrer des mains pour tenter de renouer le dialogue avec les instances internationales. Donald Trump avait engagé le pays sur la voie du protectionnisme et de l’isolement. L’ancien président, farouchement opposé au multilatéralisme, avait retiré les Etats-Unis – ou menacé de le faire – de plusieurs institutions internationales ou traités. Trump a également méprisé ses alliés, notamment ceux de l’Otan, et n’a jamais hésité à insulter sur Twitter les dirigeants étrangers.

Joe Biden va donc tenter de recoller les morceaux avec des relations diplomatiques plus respectueuses, et réinvestir les organisations internationales. En tant qu’ex-vice-président d’Obama, et qu’ex-président de la commission des affaires étrangères du Sénat durant de nombreuses années, il est un fin connaisseur des relations internationales. Outre sa promesse concernant l’Accord de Paris, le 46e président des Etats-Unis s’est engagé à annuler la procédure de retrait des Etats-Unis de l’OMS, faire en sorte que son pays réintègre l’Unesco, et le Partenariat transpacifique (TPP) que Donald Trump avait quitté dès janvier 2017, quelques jours après sa prise de fonction.

Concernant les relations avec la Chine – et la guerre commerciale entre les deux pays –, Joe Biden devrait conserver sa fermeté avec Pékin. Pour ce qui est des relations avec l’UE, le climat sera plus serein mais en matière commerciale, la politique de Joe Biden pourrait bien décevoir les Européens. Le président américain pourrait également apaiser les tensions avec l’Iran. Mais d’une manière générale, les fondamentaux de la diplomatie américaine ne devraient guère changer.

20minutes.fr

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