OCI: Riyad a lâché la Palestine

Le roi d’Arabie saoudite et le président de l’Autorité autonome palestinienne furent les grands absents du sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique sur les derniers développements en Palestine.

Istanbul a accueilli, ce vendredi 18 mai, un sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), consacré à l’examen des dernières évolutions en Palestine, faisant au moins 63 morts et des milliers de blessés parmi les civils palestiniens.

Le sommet d’Istanbul fut marqué par la présence des représentants de la République islamique d’Iran, du Koweït, de la Turquie, de la Jordanie et du Qatar. Les participants à ce sommet ont publié une déclaration par laquelle ils ont vivement condamné les atrocités des militaires israéliens visant les Palestiniens. La déclaration appelle la communauté internationale dont et surtout le Conseil de sécurité à remplir ses engagements face à la Palestine.

Le roi Salmane ben Abdelaziz et le président de l’Autorité autonome palestinienne Mahmoud Abbas furent les grands absents du sommet de l’OCI alors que la présence du roi de Jordanie Abdallah II aux côtés de l’émir du Qatar avait attiré l’attention alors que le Qatar est boudé par l’Arabie saoudite depuis l’été 2017.

La participation d’Abdallah II aux discussions, en présence de l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al-Thani, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président iranien Hassan Rohani met en évidence les points de désaccord qui séparent la Jordanie de l’Arabie saoudite qui se penche plutôt, avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, vers une normalisation avec le régime israélien.

Selon les médias jordaniens, « des entretiens amicaux étaient en cours entre Abdallah II et Tamim ben Hamad al-Thani ».

Dans la conjoncture où l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont rompu leurs relations, il y a un an, avec le Qatar en l’accusant de soutenir le terrorisme, le roi de Jordanie s’intéresse à renforcer ses relations avec Doha, malgré la ligne de conduite saoudienne.

Dans la foulée, une délégation jordanienne, dirigée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Adel al-Tweissi, s’est récemment rendue à Doha pour une réunion qui a été annoncée « positive ».

Prise dans un marasme économique, la Jordanie semble se sentir frustrée quant aux promesses financières de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis et elle cherche un autre allié d’autant plus que la position d’Amman envers la question palestinienne diffère quant à la nature de celle de l’Arabie saoudite qui soutient implicitement le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Qods, qui est totalement en contradiction avec la Charte des Nations unies et des résolutions internationales.