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LE PLURALISME, VALEUR ESSENTIELLE DE NOTRE ÉPOQUE

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Le philosophe, Souleymane Bachir Diagne, insiste sur la nécessité d’introduire dans les écoles l’éducation au pluralisme en vue de renforcer le vivre-ensemble dans ce monde où s’affirment des identités en tout genre

Le philosophe sénégalais, Souleymane Bachir Diagne, a souligné samedi à Dakar, la nécessité d’introduire l’éducation au pluralisme dans les programmes scolaires afin d’assurer une meilleure préparation des nouvelles générations au ’’vivre ensemble’’ dans un monde où s’affirment ’’des identités en tout genre’’.

Le spécialiste de la philosophie et de la mystique islamiques introduisait une conférence portant sur ‘’le pluralisme dans la tradition philosophique et spirituelle de l’Islam’’. Une manifestation entrant dans le cadre des célébrations du premier anniversaire de l’ouverture du Musée des civilisations noires de Dakar.

’’La valeur du pluralisme est sans doute une des valeurs les plus importantes de notre époque’’, a estimé le professeur Diagne devant une assistance constituée d’intellectuels, d’universitaires du Sénégal et de l’étranger, d’étudiants ainsi que de religieux.

Dans son exposé, l’intellectuel sénégalais chargé de cours à l’Université de Columbia aux Etats unis a notamment insisté sur la nécessité d’introduire dans nos écoles ’’l’éducation au pluralisme en perspective de renforcer notre vivre ensemble dans ce monde où s’affirment des identités en tout genre’’.

L’auteur du livre ’’Comment philosopher en Islam’’ a ainsi proposé l’éducation au pluralisme comme une solution à moyen et long terme contre l’extrémisme religieux dans un contexte de limite de l’efficacité de l’option sécuritaire.

’’Nous vivons dans une époque où nous voyons la fragmentation de l’humanité selon les identités meurtrières qui ont souvent comme soubassement la religion’’, a déploré le professeur Souleymane Bachir Diagne.

Dans son analyse il a cité la récurrence des crises à caractère identitaires observables par exemple quand ’’la société birmane se veut homogène en procédant au nettoyage du pays de la minorité musulmane des Rohingya’’.

’’On le voit également quand aujourd’hui l’Inde décide que +l’indianité+ doit être la même chose que l’hindouisme, en prenant des lois scélérates consistant à faire de sa communauté musulmane des citoyens de seconde zone’’, a encore fait remarquer le Pr Diagne.

Toutes choses montrant que le défi auquel nous faisons face actuellement, c’est le défi de faire en sorte que nous soyons dans une société d’ensemble, avec nos différences, a-t-il laissé entendre.

Citant le préambule de l’UNESCO, il a fait savoir que c’est dans la tête des gens que les guerres prennent forme, c’est donc dans la tête des gens qu’il faut agir pour faire barrage à ces violences et à cet exclusivisme, par le biais de l’éducation.

Le conférencier a également souligné l’importance de faire en sorte que ce discours de pluralisme ne reste pas dans les cénacles fermés entre savants et gens instruits.

Il a ainsi invité à faire à ce que ’’ce discours philosophique se traduise dans l’éducation de base, mais également pour qu’il soit amplifié par les professionnels des médias pour qu’il se diffuse, au plus large, dans la société.’’

Le professeur Souleymane Bachir Diagne a salué la ’’laïcité bien comprise’’ en vigueur au Sénégal, qui n’a rien à voir avec celle dite ’’agressive’’ de la France.

Une laïcité qui tend à la limite vers une forme de laïcisme qui est devenu une religion et d’intolérance’’, a-t-il pointé.

Il a ajouté : Au Sénégal nous avons ici une laïcité ouverte, laquelle, loin d’écarter les religions dans l’espace public, les invite, au contraire, à participer avec leurs œuvres d’éducation à la construction continue de notre Nation’’.

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