janvier 25, 2021

L'Etoile Filante

Informer et Éduquer

La Culture Politique chez l’Imam Rohoullah Moussawai Khomeyni, Fondateur de la République Islamique d’Iran

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Cheikh Cherif Mballo

Si on prend l’exemple du Sénégal, dont l’Islam s’est sédimentée depuis des siècles pour fonder une culture, une tradition et un enracinement islamique des plus solides, a été toujours marqué par des révolutions qui ont abouti à l’instauration d’Etats religieux islamiques tels que celui du Tekrour au 10ème siècle, du Boundou au16ème siècle, de Souleymane BALL précisément en 1776, à des époques où l’Europe toute entière était dans le moyen âge.
Ces Etats avaient réussi à élaborer un système juste et équitable basé sur l’Islam inspiré de nos valeurs socioculturelles sans l’apport culturel ou politique de la désuète civilisation occidentale.
La réalité vécue par la Ummah Islamique, dont la plupart des dirigeants politiques et religieux qui dirigent ses différente composantes, à des degrés divers , ont beaucoup contribué par leur combat à instaurer un vraie culture politique et de démocratique et de respect sincère des Droits de l’Homme. Ils ont pu jouer des rôles tr§s décisifs et importants pour encourager l’ambition et la créativité de leurs peuples et communautés pour le développement et l’amélioration de la Condition humaine. C’est ce qui explique la philosophie du mieux vivre ensemble au delà de la diversité et de la variété des idées et des opinions. Cette réalité a engendré la prédominance de l’esprit ouvert au dialogue et à l’échange , ainsi de l’esprit de citoyenneté au sens réel, afin d’éviter que certains fassent amalgame entre l’Islam et le comportement actuel qui n’est pas du tout enviable des Musulmans dont une très grande partie ignore son histoire, sa civilisation et sa culture.
Beaucoup de savants engagés furent comme l’imam Khomeiny à l’origine d’effets d’une portée immense dans l’histoire de la Pensée et la condition humaine, reste voilée à des regards éblouis par la grandeur existentielle ; comme il se peut encore que l’éclat et le retentissement des phénomènes et des manifestations apparentes du changement qui s’est produit n’enferment ceux qui veulent en juger dans une vision superficielle et un attachement aux épiphénomènes. Et ce problème est encore plus grave et inextricable lorsque le mouvement que conduisaient ces grands hommes a triomphé de leur vivant.
Pour parler de l’Imam Khomeiny (ra), cette personnalité de multiples facettes qui est le produit parfois d’aspects contradictoires en apparence. Un docteur de la Loi Islamique, (Faqih) une Source de Référence,(Marj’a Taqlid) un Eminent Professeur de philosophie , un profond Connaisseur de la Gnose spéculative, un grand maître d’Ethique islamique, un Ascète délivré de ce bas monde et plongé dans les profondeurs de la vallée pleine de secrets et de mystères de la voie spirituelle opérative, qui est en même temps un Penseur libre et lucide s’attaquant à l’ascète ostentatoire des bigots marchands de religion et se fâchant de la tartufferie des dévots aux idées malsaines. Un savant qui met son savoir en pratique, un homme de culture et de prière qui est Combattant infatigable de l’injustice, héraut d’une étroite corrélation entre religion et politique. Un Politicien avisé qui fut la référence religieuse de la Nation
.Celui qui combat le mal tout en montrant le remède. Cette personnalité à ne pas comparer aux célèbres visages révolutionnaires, politiciens, religieux et scientifiques de notre ère.
Mais pour mieux le connaître ou apprécier cette personnalité, il faut disposer des moyens pour étudier en profondeur et dans toutes ces dimensions, la révolution Islamique et ses répercussions en Iran et dans le monde.
Cet homme ré vivificateur de la religion et réformateur de la Société. Ceci dit pour connaître cet homme, il ne suffit pas d’aborder avec une conjoncture précise de sa vie ou un aspect de sa personnalité .Il faut connaître ce grand homme à travers sa conviction, sa foi, ses actes et toutes les étapes de sa vie.
Ce qui nous amenons à parler du climat politico social qui régnait durant les vingt dernières années de la Dynastie des Pahlavis, sur l’avènement de la Révolution Islamique, et sur la modernisation du Pays après la révolution islamique en Iran.
Tout musulman a une obligation de s’impliquer pour la réalisation des idéaux islamiques dans son environnement qui est une aventure gigantesque et exaltant comme nous enseigne ce verset du Coran Glorieux : « Allah ne change rien dans les hommes tant qu’ils n’auront pas changé ce qui est en eux ».
Cette exaltation galvanisant adressée par Allah aux hommes, l’Imam en fit un mot d’ordre mobilisateur. Avec des compagnons exaltés entièrement dévoués à la cause de la Révolution Islamique, il multiplie rassemblements et cérémonies dans tout le pays pour faire entendre appel à son peuple. Et le peuple s’insurgea au prix de mille sacrifices chaque fois que l’absolutisme du pouvoir voulait aliéner l’indépendance aux puissances étrangères de tous bords.
Le mouvement religieux incarné par l’Imam (RS) a toujours fait face à l’arrogance et à l’injustice du Chah qui alla jusqu’à traiter les religieux : « d’incultes mal intentionnés dont la pensée n’a pas évolué depuis mille quatre cents ans, qui grouillent comme des vers dans la souillure et la boue ».
C’est dans cette tyrannie impitoyable dans ce ciel lourd de menaces et de défis que s’éleva la voie rédemptrice de l’Imam qui proclame sans ambages : « Il faut renverser la Monarchie et chasser les Américains ». Le mot d’ordre fut entendu qui permit de mobiliser toutes les couches de la population.
Aux invocations du Glorieux Coran dont le discours est essentiellement égalitaire se rallièrent marxistes et laïcs. Tout le peuple fut convaincu de la nécessité de chasser le Monarque.
C’est sur ce socle que l’Imam Khomeiny (RAS) et ses successeurs font reposer l’édifice du pouvoir, seule condition pour réussir pleinement la Révolution Islamique qui garantie l’évolution et le progrès, l’égalité, la fraternité, le respect des droits de l’homme.
Fondateur, irrigateur, ordonnateur, l’Imam Khomeiny (RAS) créa et conduisit avec fermeté la Révolution Islamique qui constitue un grand moment de l ‘évolution de la conscience Islamique mondiale, un viatique puissant, une espèce de lexique aussi bien spirituel, politique, politique, moral que culturel. Elle a rendu à tous les peuples opprimés du monde leur légitime fierté.
Aux yeux des ennemis et des détracteurs de l’Islam, elle apparut comme un ébranlement cosmique.
La Révolution Islamique n’a été possible en Iran qui, parce que ses dirigeants sont parvenus, grâce à une action soutenue jusqu’au sacrifice suprême à dégager le Coran de toute exégèse passéiste pour saisir l’appelle plus véhément à la Révolution pour libérer l’homme de ses passions et de l’amour vers la félicité.
Seul, l’Islam pourra réaliser l’intégration critique et sélective des sciences et des techniques de l’occident en le subordonnant exclusivement comme moyen, au but de l’Islam qui, par définition et par essence est la religion de l’équilibre qui sauvera l’humanité à ce 3ème millénaire…
Selon l’Imam Khomeyni (ra), l’Islam est un mouvement universel guidé par la lumière et la foi en Dieu. Cette religion donne un sens des responsabilités en vue de réformer la pensée et la croyance pour la promotion des principes élevés de la morale, l’établissement de bonnes relations entre les composantes de la société et du monde entier. Tout en éliminant toutes les formes de discriminations fondées sur la couleur de peau, la race, la tribu, ou la classe en soutenant la Justice et l’Equité ; car elle considère que tous les humains sans distinction comme étant de la création de Dieu et ne considère que supérieure toute âme plus proche de la perfection est la plus pieuse.
Cette religion n’a jamais séparé le pouvoir spirituel du temporel, contrairement à ce que prétendent certains inspirés par la culture occidentale post révolutionnaire française de 1789 et influencés par la théorie de la séparation des pouvoirs présentées par Obbs et Montesquieu mais également par une certaine classe maraboutique coupée des enseignements réels de leur religion. Ceux-là qui s’opposent à l’application des lois islamiques et réclament le changement ou la suppression de certaines règles. Alors qu’ils sont dépouillés de toute qualification ou connaissances approfondies des sources et des éléments fondamentaux de l’Islam. Leurs desseins est de vouloir écorner l’image de cette sublime religion en le taxant de
religion qui s’oppose à la liberté et à la recherche intellectuelle, prétextant ainsi
que les efforts pour le développement de la science sont très restreints dans le cadre religieux.
Ces personnes sont manipulées à outrance par la pensée occidentale dénuée du parfum du sacré, qui veut remplacer l’Ordre Divin par un ordre d’origine et d’inspiration purement humaine. Cette vision réductionniste qui consiste à réduire l’Islam dans l’esprit de beaucoup, à une seule de ses dimensions, notamment la loi pénale (Hudud) est, bien évidemment essentielle à la tradition islamique ; elle est le sol sur lequel se tient la religion.
Les ennemis se sont toujours employés surtout sous la domination coloniale (ancienne et nouvelle) à mobiliser tous les moyens possibles pour éloigner les Musulmans des réalités de leur religion et de leurs inculquer des inepties afin de créer la confusion et l’obscurantisme dans leur esprit qui leur faciliterait ainsi la falsification de leurs croyances, de leurs doctrines religieuses et leur histoire dans le but de briser ainsi leur unité.
L’Islam est la religion de la rationalité et c’est là l’une de ses particularités essentielles et l’un de ses atouts prééminents. Il est la religion au sein de laquelle tous les aspects de la vie et les domaines en rapports avec elle ont été pris en considération. L’Islam incarne à la fois une dimension juridique, politique, scientifique, intellectuelle, et culturelle… Contrairement aux autres religions, n’intervenant pas ou plus dans celles-ci et leur étant même parfois opposées.
L’homme a toujours essayé de se comprendre et de comprendre son milieu et son univers en forgeant des théories et des philosophies politiques diverses, comme la démocratie, le libéralisme, le socialisme, le communisme, etc. Au nom de ces théories, il a prêché la « liberté », « l’égalité » et« la justice » de manière générale. Ces slogans devenus idéaux, l’homme a déployé toute son énergie, et a consenti tous ses efforts pour les réalisés dans l’espoir de briser les carcans qu’il porte depuis des siècles d’accéder enfin à une vraie liberté.
Mais ces doctrines et théories politiques n’ont pas tenu toutes leurs promesses et n’ont pas, une fois mises à exécution, donné les fruits escomptés. Pire elles n’ont même pas pu la plupart du temps améliorer la situation précédente. La situation actuelle du monde dit socialiste et libéral confirme cette thèse. Malgré leur échec amer et les résultats négatifs, ces idées et slogans demeurent toujours vrais du point de vue théorique et exercent encore leur pouvoir d’attraction. Car les concepts de liberté, d’égalité, et de justice, etc. sont inhérents à la structure même de l’intelligence humaine abstraite. Tout homme, en toute circonstance les reconnaît comme beaux, bons et utiles. Ces idéaux n’ont pas été inventés par les doctrines qui s’en réclament exclusivement à tort. Bien que la raison les accepte aisément, ils demeurent des concepts généraux flous ayant besoin d’être pratiquement mieux définis par les lois et valeurs qui sont susceptibles de les transformer en concepts opérationnels , en mode de vie. Et l’expérience a démontré que les doctrines forgées par les humains comme le libéralisme, le socialisme sont impuissantes de par leur nature même à traduire ces concepts généraux qu’elles ont prétendu être siens exclusivement en règles et lois pratiques et en mode de vie durable.
Cependant à cause du vide idéologique régnant, de l’égarement général, et de l’absence au devant de la scène d’une pensée réformatrice, ces doctrines ont continué à séduire les hommes avec leurs vaines promesses et leurs prétentions erronées, telles qu’avancent Huntington et Fukuyama à propos de l’inéluctabilité du « conflit des civilisations » et la « fin de l’histoire ». Il est naturel que ces idées se soient infiltrées dans le monde musulman affaibli, décadent et sans conscience politique solide et qu’elles aient rendu les Musulmans encore plus éloignés des réalités et des vérités de leur religion et de leurs lois. Vaincus par les conquêtes coloniales, militaires et culturelles et soumis à toutes sortes d’injustices , beaucoup de personnes furent induits en erreur se sont même imaginés qu’on pouvait concilier islam avec la démocratie mécanique sans souveraineté réelle, et pensaient que l’Islam n’est opposé au marxisme ,séduits en cela par les slogans de lutte contre la monopolisation et l’exploitation que colportaient les partisans de cette théorie qui avaient compris que l’Islam défendait également ces idéaux, donc on pouvait carrément les confondre. Ils disaient que les notions de liberté, de justice et d’égalité proclamaient par l’Islam est un ordre ‘’démocratique’’ qui s’oppose à certaines formes d’accumulation des richesses était du socialisme. Et c’est ainsi que la confusion générale fut instaurée et entretenue. C’est pourquoi cette question de religion et politique devrait être traitée profondément et sérieusement pour remédier aux besoins causés à la culture et à la civilisation islamique.
La supériorité de ce que propose la religion vient du fait qu’il n’est pas comme le monde de la science ou de la philosophie, un monde qui restreint les vérités à la matière, c’est un monde qui veut faire découvrir à l’humanité toute entière des vérités supérieures et éternelles. Le Saint Coran ne prétend pas remplacer l’attention à la nature et aux vérités matérielles de ce monde par une vigilance uniquement dirigée vers des vérités métaphysiques et spirituelles ; il désire au contraire que l’humanité tout en étant attentive à la nature n’en oublie pas pour autant le monde invisible, la spiritualité et les valeurs éternelles. Dans la philosophie politique de l’Islam, il n’existe pas de règle apparentée à ‘’ Rendez à Dieu ce qui Lui appartient et à César ce qui lui appartient’’ tout revient vers Dieu. Le Saint Coran dit « Nous sommes à Dieu et c’est vers lui que nous retournerons » Sourate 2. Verset 156.
A l’époque le Saint Prophète Mohammad (pslf) avait la charge du gouvernement, ce gouvernement qui a pris naissance avec la proclamation de la constitution de la Ummah ‘’Communauté Unique’’ et la proclamation de certains statuts après l’arrivée du Prophète à Médine. Durant cette période, les Juges, les commandants de l’armée, les fonctionnaires de la Trésorerie ainsi que d’autres fonctionnaires importants ont été nommés par Le Prophète lui-même et devaient s’acquitter de leurs devoirs dans le cadre de la Loi
islamique. Leurs pouvoirs aussi étaient normalement déterminés par le Prophète (pslf). De son vivant, les agents nommés dans le territoire qui se trouve sous son contrôle, exerçaient le pouvoir qu’il leur a accordé. Ils sont en réalité ses représentants. Ils tirent leur autorité pour gouverner de l’ordre du Prophète Mohammad (pslf) .Ils peuvent être considérés ainsi comme des agents nommés à différents postes par les autorités centrales de n’importe quel pays.
Avec un retour à l’Islam et à son analyse systématique qui n’est ni démocratique, ni socialiste ni libéral, l’Islam a ses principes, ses lois, ses règles, ses valeurs sa morale qui lui sont propres qui constituent sa quintessence et lui confère son identité propre en matière politique, économique, par rapport aux autres systèmes et doctrines économiques et politiques en vigueur dans le monde. Cet Islam qui existe toujours et qui est encore capable d’agir sur la nation au niveau de chaque peuple et de mobiliser l’énergie latente dans l’esprit et la raison humaines en vue de fonder de nouvelles institutions et d’accomplir des réalisations basées sur la spiritualité, la morale, et les valeurs humaines.

Chérif Mballo
Chercheur
Directeur du Centre islamique de Recherche et de Documentation
Président-Fondateur
De l’Association Ali Yacine (as)
Président du Conseil Supérieur des Chiites Ahloul Beyt (as) au Sénégal

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