octobre 1, 2020

L'Etoile Filante

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La Belgique supprime l’accord avec de l’auxiliaire avoir

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Deux anciens professeurs belges de français  proposent de supprimer l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Selon eux les règles actuelles sont « obsolètes et compliquées jusqu’à l’absurde ».

Le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et nombre avec le sujet du verbe. Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé ne s’accorde pas.Arnaud Hoedt et Jérôme Piron proposent notamment de rendre invariable l’accord du participé passé lorsqu’il est utilisé avec l’auxiliaire avoir.

Pour rappel, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct quand celui-ci le précède (ex: les crêpes que j’ai mangées). Il reste invariable si le complètement suit le participe (j’ai mangé les crêpes).

Même les enseignants peinent à expliquer la raison de cette différence, plaident les défenseurs de la réforme avant d’exposer son origine.

« Au Moyen Age, les moines copient au fil de la plume. Quand ils écrivent, par exemple : ‘Les pieds que Jésus a lavés’, un simple regard vers la gauche permet d’identifier ce que Jésus a lavé. Il a lavé quoi? Les pieds. Donc le moine accorde.

Par contre, quand il écrit : ‘Jésus a lavé’, il s’interroge. Jésus a lavé quoi ? Je ne sais pas, je vais attendre la suite du texte ; Le moine a oublié qu’il avait un participe à accorder ou il n’a plus la place pour écrire le ‘s’ parce qu’au Moyen Age, les mots sont souvent attachés les uns aux autres. »

C’est donc un « oubli » datant du Moyen Age qui a régi l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, la règle « la plus artificielle de la langue française », selon le Bescherelle. La règle et ses exceptions sont explicitées dans 14 (!) pages du « Bon Usage de Grevisse ».

« Cet accord n’est plus porteur de sens », estiment les deux amis qui semblent être parvenus à convaincre la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Il ne s’agit pas de justifier une faute, mais de rappeler que cet usage est légitime et qu’il serait injuste de le sanctionner. »

Selon eux, les langues évoluent et l’orthographe doit aussi opérer certains changements notamment pour « maintenir une norme unique, renforcée dans sa cohérence. (…) Les règles d’accord du participe passé actuelles sont obsolètes et compliquées jusqu’à l’absurde. »

Des règles que nous avons apprises et assimilées pour rien? ou Des règles que nous avons appris et assimilé pour rien?

RTS.SN

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