octobre 1, 2020

L'Etoile Filante

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INTERVIEW: éclairage sur la situation géopolitique sur la Syrie

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Fatou Thiam du journal « L’Etoile Filante » a accordé un interview à Mamadou Diouf afin d’avoir un éclairage sur la situation géopolitique sur la Syrie Etoile filante : Monsieur le Directeur de Publication la situation politico-militaire en Syrie est très complexe ; Pouvez nous parlez brièvement de l’histoire et de la géographie de ce pays ? Mamadou Diouf : La Syrie ou la République arabe syrienne (en arabe : avec pour capitale Damas , est un pays de 185 180 km2 peuplé de 19 454 263 habitants est située en Asie de l'Ouest sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Elle possède des frontières terrestres avec la Turquie, l'Irak, la Jordanie, Israël, le Liban et une frontière maritime avec Chypre. Les groupes religieux sont répartis ainsi : Sunnites 74 % Alaouites 10 % Chiites 3,5 % Druzes 1,5 % Chrétiens 10 % Durant l'Antiquité, l’actuelle Syrie couvrait dans sa majeure partie distinctement la Phénicie, les royaumes d'Israël et de Juda, la province romaine de Judée puis de Palestine, l'Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale avec de riches sites historiques comme Palmyre Durant la civilisation musulmane , elle fut le fief des omeyyades puis connut l’influence des Fatimides .Elle subit les croisades avant de revenir musulmane sous les buyides et les ottomans . Elle se libera de l’occupation ottomane et devint un Royaume arabe syrienne en 1918 sous mandat des Français qui le nomma Le Levant . Après une sémi indépendance en 1941 Choukri al Kouatli est élu Président . En 1946 le pays se libera de la tutelle française avec pour Président Hachem al-Atassi Après la guerre israélo arabe le colonel Housni al-Zaïm procède à un coup d'État en mars 1949 . Zaïm est lui-même victime d'un coup d'État en août 1949 par le colonel Sami al-Hinnaoui, En décembre 1949, Al-Hinnaoui est renversé par un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli qui se proclame président de la République en 1951 Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le 28 septembre 1961, la Syrie fait sécession après une une tentative d’union avec l’Egypte, et la République arabe syrienne est rétablie . Le 8 mars 1963, un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amine al-Hafez Le 23 février 1966, un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amine al-Hafez. Le 13 novembre 1970, profitant de l'impasse due à l'implication de l'armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir), le ministre de la Défense Hafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie. Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 jusqu’ à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs. Sa longévité au pouvoir provient essentiellement du fait qu’il était à la fois soutenu par les alaouites , par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux et une classe moyenne fidèle au gouvernement mais surtout par l’armée arabe syrienne et de son appareil de sécurité. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme. Bachar el-Assad succède à son père le 17 juillet 2000, élu par référendum. Les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont alors espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas. Ce premier printemps ne dure pas longtemps : il se termine en février 2001 . Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011. Etoile filante : Quelles sont les raisons du conflit Syrien depuis son déclanchement en 2011 ? Mamadou Diouf : C’est un conflit armé en cours depuis 2011 en Syrie. Elle débute dans le contexte du Printemps arabe par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime baasiste dirigé par le président Bachar el-Assad. Réprimé par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée. Mais malgré les apparences , il est intéressant de connaitre les motivations réelles de cette guerre . La guerre en Syrie est souvent décrite du point de vue occidentale comme une tentative de Tehéran d’imposer une hégémonie du croissant chiite au détriment au camp sunnite . Mais à y voir de près ce point de vue pourra être balayer d’un revers car la configuration religieuse de la Syrie s’opposent à cela :les alaouites ont une croyance réligieuse très éloignée des chiites iraniens .Celà dit que le conflit syrien considéré comme religieux l’est moins et une autre preuve de taille qui prouve cela est le soutien d’une partie non moins importante de la population sunnite au Président Bachar . La guerre en Syrie a plutôt des motivations politiques ,stratégiques et économiques entre deux camps dont l’un est composé de la Russie ,de la Chine et de l’Iran et ses alliés libanais du Herzbollah et l’autre composé des pays de l’OTAN ,des monarchies arabes et d’Israel .Si nous l’inscrivons dans le passé ,elle ressemble aux croisades du XXII siècle sauf qu’elle n’est pas réligieuse . Pour Washington, un pouvoir pro-américain à Damas ouvre la voie à un ancrage définitif d’Israel au Proche Orient .Du point de vue de l’Europe , le transite du gaz Qatari vers le vieux continent par les territoires syriens et turcs nécessitent un changement de régime au détriment de Bassar allié indéfectible de Moscou . Quant aux monarchies arabes hostiles à Téhéran dont se trouve en tête l’Arabie Saoudite ,elles jouent tous la carte de l’OTAN et d’Israel . Ce camp fait face au trio Russie-Iran- Chine dont les composantes partagent tous le même intérêt de rejeter le dicta américain et un ordre otanien dans cette partie du Monde . Etoile filante : Pouvez vous nous faire une lecture sur les différents protagonistes en conflit en Syrie ? Mamadou Diouf : Il y a d’un coté l'armée du président Bachar al-Assad, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié. Elle est soutenue par 150.000 à 200.000 miliciens pro régime, y compris des Syriens, des Irakiens, des Iraniens et des Afghans. Par ailleurs, 5.000 à 8.000 combattants du Hezbollah libanais se battent à ses côtés. Alliée de poids de Damas, la Russie intervient depuis septembre 2015. Son implication a permis aux troupes gouvernementales de reprendre plusieurs zones clés, comme la ville d'Alep et l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas. - Autre allié de poids, l'Iran a envoyé fourni des conseillers militaires et certainement des volontaires combattants. La Chine n’a jamais cessé aussi de clamer son soutien politique ,diplomatique et économique au régime de Damas tout en s’inquiétant de la présence de combattants djihadistes ouighours De l’autre coté ,il y a les rebelles qui début du conflit, s'étaient regroupés sous la bannière de l'Armée syrienne libre (ASL), laissant progressivement place à une myriade de factions, allant des rebelles sans affiliation religieuse aux groupes islamistes. Représentant initialement quelque 100.000 combattants à ses début , leur poids s'est largement réduit à mesure des défaites infligées par le régime. Les deux principales forces jihadistes rivales sont l'organisation Etat islamique (EI) et le groupe Hayat Tahrir al-Cham. L'EI avait réussi à conquérir de vastes régions en Syrie et en Irak voisin proclamant un "califat" en 2014 sur ces territoires à cheval entre les deux pays. Cible de multiples offensives, du régime et de ses alliés mais aussi des kurdes , l'EI a subi de nombreux revers avant de subir une cuisante défaite Les groupes rebelles encore actuellement présentes sur le sol sont essentiellement Hayat Tahrir al-Cham qui contrôle une partie de la province d'Idleb, et les ouighours chinois du Parti islamique du Turkestan présents dans les montagnes de Jisr-al-Choghour Ces groupes bénéficient encore du soutient de la Turquie . Cette dernière ci n’a jamais cessé de manifester son hostilité envers les kurdes du YPG et des FDS qu’elle accuse liés au PKK turc . D’ailleurs dès le départ des américains qui ont abandonné les kurdes à leur propre sort ,Ankara n’a pas tardé à s’engager directement sur le territoire syrien en créant sa fameuse zone de sécurité à Afrine, dans le nord-ouest et menace de poursuivre son avancée vers d'autres territoires à l'est. L'Arabie saoudite et le Qatar ont soutenu au début de la révolte la rébellion majoritairement sunnite contre M. Assad au profit d’Ankara. Quant à la coalition internationale qui jadis regroupait plus de 60 pays, dont les Etats-Unis ,la France et la Grande-Bretagne, elle a mené des plusieurs frappes aériennes pour dit elle lutter contre l’EI mais en réalité elle contribue à empêcher toute victoire définitive de Bassar contre ses opposants . Mais depuis le désengagement de Trump , cette coalition se voit moins visible sur le terrain militaire , Israel aussi n’est pas aussi en reste quant à son soutien au camp atlantiste avec ses raids constamment menés contre le territoire syrien . Etoile filante : Quelle est la situation actuelle sur le terrain en Syrie? Mamadou Diouf : Actuellement Bachar a le dessus sur le terrain car il a conquis de vastes territoires avec le soutien de l’aviation russe et l’appuie sur le terrain du hezbollah Libanais et d’autres groupes venus d’Irak et d’Afghanistan. Récemment il a confirmé sa suprématie avec la victoire sur la ville stratégique de Saraqib Mais du coté de l’opposition ,il y a toujours il a toujours des attaques des Jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham contre le régime , et des ouighours chinois du Parti islamique du Turkestan présents dans les montagnes de Jisr-al-Choghour ; ces groupes sont toujours présents dans la province d’Idlib et bénéficie du soutien d’Ankara et de la complicité des occidentaux qui voient d’un mauvais œil les succès du camp Russie-Syrie-Téhéran. Il est à noter que les kurdes sont abandonnés à leur triste sort par les américains et leur présence militaire anéantie par la Turquie qui a occupé une partie du Nord de la Syrie .Cette dernière-ci ne veut pas entendre de cause kurde Etoile filante : Y a-t-il de l’espoir pour une paix définitive en Syrie ? Mamadou Diouf : Pour qu’il ait une paix définitive en Syrie ; il faut que les principaux protagonistes du conflits le veuillent, or ceci n’est pas le cas . Ils semblent tous miser soit sur un affrontement qui aboutira sur une victoire militaire ou bien sur une déstabilisation de la Syrie qui est de l’intérêt de certains. Donc les espoirs de paix sont très minces car la Syrie reste stratégique aussi bien pour l’OTAN que pour le bloc Russie –Téhéran –Chine. Pour terminer disons que la Syrie est et restera toujours une boule de feu

Fatou Thiam du journal « L’Etoile Filante » a accordé un interview à Mamadou Diouf afin d’avoir un éclairage sur la situation géopolitique sur la Syrie

Etoile filante : Monsieur le Directeur de Publication la situation politico-militaire en Syrie est très complexe ; Pouvez nous parlez brièvement de l’histoire et de la géographie de ce pays ?
Mamadou Diouf : La Syrie ou la République arabe syrienne (en arabe : avec pour capitale Damas , est un pays de 185 180 km2 peuplé de 19 454 263 habitants est située en Asie de l’Ouest sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Elle possède des frontières terrestres avec la Turquie, l’Irak, la Jordanie, Israël, le Liban et une frontière maritime avec Chypre.
Les groupes religieux sont répartis ainsi :
Sunnites 74 % Alaouites 10 % Chiites 3,5 % Druzes 1,5 % Chrétiens 10 %
Durant l’Antiquité, l’actuelle Syrie couvrait dans sa majeure partie distinctement la Phénicie, les royaumes d’Israël et de Juda, la province romaine de Judée puis de Palestine, l’Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale avec de riches sites historiques comme Palmyre
Durant la civilisation musulmane , elle fut le fief des omeyyades puis connut l’influence des Fatimides .Elle subit les croisades avant de revenir musulmane sous les buyides et les ottomans .
Elle se libera de l’occupation ottomane et devint un Royaume arabe syrienne en 1918 sous mandat des Français qui le nomma Le Levant .
Après une sémi indépendance en 1941 Choukri al Kouatli est élu Président .
En 1946 le pays se libera de la tutelle française avec pour Président Hachem al-Atassi
Après la guerre israélo arabe le colonel Housni al-Zaïm procède à un coup d’État en mars 1949 .
Zaïm est lui-même victime d’un coup d’État en août 1949 par le colonel Sami al-Hinnaoui,
En décembre 1949, Al-Hinnaoui est renversé par un troisième coup d’État, mené par Adib Chichakli qui se proclame président de la République en 1951
Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le 28 septembre 1961, la Syrie fait sécession après une une tentative d’union avec l’Egypte, et la République arabe syrienne est rétablie .
Le 8 mars 1963, un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amine al-Hafez
Le 23 février 1966, un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amine al-Hafez.
Le 13 novembre 1970, profitant de l’impasse due à l’implication de l’armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l’OLP (Septembre noir), le ministre de la Défense Hafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.
Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 jusqu’ à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs.
Sa longévité au pouvoir provient essentiellement du fait qu’il était à la fois soutenu par les alaouites , par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux et une classe moyenne fidèle au gouvernement mais surtout par l’armée arabe syrienne et de son appareil de sécurité.
Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme.
Bachar el-Assad succède à son père le 17 juillet 2000, élu par référendum. Les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont alors espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas.
Ce premier printemps ne dure pas longtemps : il se termine en février 2001 .
Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d’une part, et d’autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu’en 2011.
Etoile filante : Quelles sont les raisons du conflit Syrien depuis son déclanchement
en 2011 ?
Mamadou Diouf : C’est un conflit armé en cours depuis 2011 en Syrie. Elle débute dans le contexte du Printemps arabe par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime baasiste dirigé par le président Bachar el-Assad.
Réprimé par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée. Mais malgré les apparences , il est intéressant de connaitre les motivations réelles de cette guerre .
La guerre en Syrie est souvent décrite du point de vue occidentale comme une tentative de Tehéran d’imposer une hégémonie du croissant chiite au détriment au camp sunnite . Mais à y voir de près ce point de vue pourra être balayer d’un revers car la configuration religieuse de la Syrie s’opposent à cela :les alaouites ont une croyance réligieuse très éloignée des chiites iraniens .Celà dit que le conflit syrien considéré comme religieux l’est moins et une autre preuve de taille qui prouve cela est le soutien d’une partie non moins importante de la population sunnite au Président Bachar . La guerre en Syrie a plutôt des motivations politiques ,stratégiques et économiques entre deux camps dont l’un est composé de la Russie ,de la Chine et de l’Iran et ses alliés libanais du Herzbollah et l’autre composé des pays de l’OTAN ,des monarchies arabes et d’Israel .Si nous l’inscrivons dans le passé ,elle ressemble aux croisades du XXII siècle sauf qu’elle n’est pas réligieuse . Pour Washington, un pouvoir pro-américain à Damas ouvre la voie à un ancrage définitif d’Israel au Proche Orient .Du point de vue de l’Europe , le transite du gaz Qatari vers le vieux continent par les territoires syriens et turcs nécessitent un changement de régime au détriment de Bassar allié indéfectible de Moscou . Quant aux monarchies arabes hostiles à Téhéran dont se trouve en tête l’Arabie Saoudite ,elles jouent tous la carte de l’OTAN et d’Israel .
Ce camp fait face au trio Russie-Iran- Chine dont les composantes partagent tous le même intérêt de rejeter le dicta américain et un ordre otanien dans cette partie du Monde .
Etoile filante : Pouvez vous nous faire une lecture sur les différents protagonistes en conflit en Syrie ?
Mamadou Diouf : Il y a d’un coté l’armée du président Bachar al-Assad, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié.
Elle est soutenue par 150.000 à 200.000 miliciens pro régime, y compris des Syriens, des Irakiens, des Iraniens et des Afghans. Par ailleurs, 5.000 à 8.000 combattants du Hezbollah libanais se battent à ses côtés.
Alliée de poids de Damas, la Russie intervient depuis septembre 2015. Son implication a permis aux troupes gouvernementales de reprendre plusieurs zones clés, comme la ville d’Alep et l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas.
– Autre allié de poids, l’Iran a envoyé fourni des conseillers militaires et certainement des volontaires combattants.
La Chine n’a jamais cessé aussi de clamer son soutien politique ,diplomatique et économique au régime de Damas tout en s’inquiétant de la présence de combattants djihadistes ouighours
De l’autre coté ,il y a les rebelles qui début du conflit, s’étaient regroupés sous la bannière de l’Armée syrienne libre (ASL), laissant progressivement place à une myriade de factions, allant des rebelles sans affiliation religieuse aux groupes islamistes.
Représentant initialement quelque 100.000 combattants à ses début , leur poids s’est largement réduit à mesure des défaites infligées par le régime.
Les deux principales forces jihadistes rivales sont l’organisation Etat islamique (EI) et le groupe Hayat Tahrir al-Cham.
L’EI avait réussi à conquérir de vastes régions en Syrie et en Irak voisin proclamant un «califat» en 2014 sur ces territoires à cheval entre les deux pays. Cible de multiples offensives, du régime et de ses alliés mais aussi des kurdes , l’EI a subi de nombreux revers avant de subir une cuisante défaite
Les groupes rebelles encore actuellement présentes sur le sol sont essentiellement Hayat Tahrir al-Cham qui contrôle une partie de la province d’Idleb, et les ouighours chinois du Parti islamique du Turkestan présents dans les montagnes de Jisr-al-Choghour
Ces groupes bénéficient encore du soutient de la Turquie . Cette dernière ci n’a jamais cessé de manifester son hostilité envers les kurdes du YPG et des FDS qu’elle accuse liés au PKK turc .
D’ailleurs dès le départ des américains qui ont abandonné les kurdes à leur propre sort ,Ankara n’a pas tardé à s’engager directement sur le territoire syrien en créant sa fameuse zone de sécurité à Afrine, dans le nord-ouest et menace de poursuivre son avancée vers d’autres territoires à l’est.
L’Arabie saoudite et le Qatar ont soutenu au début de la révolte la rébellion majoritairement sunnite contre M. Assad au profit d’Ankara.
Quant à la coalition internationale qui jadis regroupait plus de 60 pays, dont les Etats-Unis ,la France et la Grande-Bretagne, elle a mené des plusieurs frappes aériennes pour dit elle lutter contre l’EI mais en réalité elle contribue à empêcher toute victoire définitive de Bassar contre ses opposants . Mais depuis le désengagement de Trump , cette coalition se voit moins visible sur le terrain militaire , Israel aussi n’est pas aussi en reste quant à son soutien au camp atlantiste avec ses raids constamment menés contre le territoire syrien .
Etoile filante : Quelle est la situation actuelle sur le terrain en Syrie?
Mamadou Diouf : Actuellement Bachar a le dessus sur le terrain car il a conquis de vastes territoires avec le soutien de l’aviation russe et l’appuie sur le terrain du hezbollah Libanais et d’autres groupes venus d’Irak et d’Afghanistan. Récemment il a confirmé sa suprématie avec la victoire sur la ville stratégique de Saraqib
Mais du coté de l’opposition ,il y a toujours il a toujours des attaques des Jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham contre le régime , et des ouighours chinois du Parti islamique du Turkestan présents dans les montagnes de Jisr-al-Choghour ; ces groupes sont toujours présents dans la province d’Idlib et bénéficie du soutien d’Ankara et de la complicité des occidentaux qui voient d’un mauvais œil les succès du camp Russie-Syrie-Téhéran.
Il est à noter que les kurdes sont abandonnés à leur triste sort par les américains et leur présence militaire anéantie par la Turquie qui a occupé une partie du Nord de la Syrie .Cette dernière-ci ne veut pas entendre de cause kurde.
Etoile filante : Y a-t-il de l’espoir pour une paix définitive en Syrie ?
Mamadou Diouf : Pour qu’il ait une paix définitive en Syrie ; il faut que les principaux protagonistes des conflits le veuillent, or ceci n’est pas le cas. Ils semblent tous miser soit sur un affrontement qui aboutira sur une victoire militaire ou bien sur une déstabilisation de la Syrie qui est de l’intérêt de certains. Donc les espoirs de paix sont très minces car la Syrie reste stratégique aussi bien pour l’OTAN que pour le bloc Russie –Téhéran –Chine.
Pour terminer disons que la Syrie est et restera toujours une boule de feu.
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