Education : Modernisation des Daaras: le Sénégal fera recours au waqf

Le Sénégal va recourir au waqfpour financer son projet de modernisation des daara . C’est un instrument de solidarité islamique qui va permettre, grâce à la mise en place d’une haute autorité en charge du waqf, de lever des fonds au service de la lutte contre la pauvreté et selon les règles de la religion musulmane.

le Sénégal a choisi de recourir au waqf . Cet instrument reste un outil très puissant de lutte contre la pauvreté dans les pays musulmans, souligne le représentant de la Bid, qui cite l’exemple de l’Iran ou les actifs générés par le waqf étaient de 8 milliards de dollars en 1999. Le potentiel est donc énorme, mais demande la mise en place d’un cadre adéquat et règlementaire. Ce que propose la loi adoptée par l’Assemblée nationale du Sénégal. Et c’est pour assurer toute la transparence de gestion voulue que le Sénégal a opté pour la mise en place d’une Haute autorité administrative indépendante, indi¬que Mme Ouli¬mata Diop, directrice de la Monnaie et du crédit au ministère de l’Economie, des finances et du plan. Mme Diop explique également que les waqf publics bénéficieront de conditions fiscales semblables à celles des fondations par exemple. «La seule différence, c’est que ce qui sous-tend le waqf est en relation avec la foi de l’individu», indique Imam Mbaye Niang. Cette forme de solidarité envers les pauvres a déjà fait ses preuves dans les pays Arabes. Et jusqu’à la Guinée voisine qui l’a adopté. Mais la mise en oeuvre de cette option nécessite des préalables comme l’adoption de la loi sur le waqf. Un pas que le Sénégal a franchi le 24 avril dernier. Ce projet, qui sera le premier waqf public lancé par le Sénégal de façon officielle, va se faire selon le même modèle que celui de la Guinée. «Ce qui est envisagé, c’est que l’Etat octroie un terrain au Centre-ville de Dakar. Il y a déjà une proposition qui porte sur trois sites. Ce terrain que l’Etat propose à la Bid va abriter des immeubles dont l’exploitation va servir à financer les daara. Pas seulement cela d’ailleurs, mais aussi à mettre en place les conditions qui permettront de lutter contre la pauvreté», indique Imam Mbaye Niang.
Le parlementaire explique que malgré leur importance, les daara restent un secteur mal organisé et qui a besoin de beaucoup d’argent. «Il va falloir construire les écoles, les internats, prendre en charge les maîtres coraniques. Cela peut être lourd pour l’Etat.» C’est en ce sens que la mise en place de cet instrument est porteur d’espoir. «Le waqf est né avec l’islam et si aujourd’hui l’économie des pays musulmans est si développée, c’est grâce au Waqf et à la zakat», souligne l’Imam.