Elhadji Abdou Aziz Sy Dabakh dit Mame Abdou : Un saint homme qui faisait l’unanimité

Mame Abdou Aziz Sy, troisième khalife de la confrérie musulmane    soufie Tidjane du Sénégal est né en 1904 à Tivaouane. Il accéda au titre de khalife de la Tidjanya au Sénégal le 13 mai 1957  .  Ce saint homme était bien respecté aussi bien chez les musulmans que chez les chrétiens .Il fut rappelé à Dieu en 1997

S’il y avait un homme qui faisait l’unanimité chez les chrétiens et les divers confréries musulmanes c’est bien Mame Abdou Aziz Sy, troisième khalife de la confrérie musulmane soufie Tidjane du Sénégal .Fils de El Hadj Malick Sy, pionnier du tidjanisme au Sénégal, et de Sokhna Safiyatou Niang, Abdou Aziz Sy est né en 1904 à Tivaouane. Il accéda au titre de khalife de la Tidjanya au Sénégal le 13 mai 1957, après la mort de ses frères aînés Seydi Ababacar Sy et El Hadj Mouhamadou Mansour Sy, eux-mêmes khalifes, et tous deux décédés quasi simultanément.

Il devient Khalif general des Tidjanes en 1957.. Son surnom Dabakh (il est généreux en Wolof) est dû à sa grande générosité et à son ouverture. Durant son khalifat, il fit de nombreux voyages, notamment au Maroc, en Arabie saoudite, aux États-Unis, en France, en Mauritanie, suite aux nombreuses sollicitations qu’il reçut, en rapport avec la haute maîtrise qu’il avait du savoir islamique. Son discours à la Mecque en 1965, au congrès islamique, où il fut remarqué, non seulement pour sa maîtrise de la langue arabe mais aussi pour la pertinence et la haute portée de son discours, reste encore dans la mémoire du tidjanisme en Afrique.

L’œuvre remarquable de Mame Abdou et son action constante et multiforme dans la solidification des liens de fraternité et d’unité de tous les musulmans du Sénégal, dans la paix sociale et la solidarité, constituera, à n’en point douter, une source inépuisable de cohésion et de tolérance pour tous les musulmans éclairés.  Formé à l’école de son illustre ascendant, El Hadj Malick Sy (Rta),  Mame Abdou, était doté de connaissances très solides dans beaucoup de domaines, notamment en lettres, grammaire, droit islamique, sciences, astrologie, relations humains. Il pronait la solidarité, le social, l’amour d’autrui, le patriotisme. .

Au plan économique, El Hadj Abdoul Aziz Sy exploitait plusieurs domaines agricoles. En effet, il avait très tôt compris les enseignements de son père qui avait fait de la culture de la terre et du commerce son métier. Ce qui a valu à Mame Abdou, la médaille agricole à lui décernée en 1955. Par ailleurs, de par sa réputation de poète et de chanteur à la voix d’or, il a dirigé le chœur des disciples durant les nuits de Maouloud, sous la direction de Seydi Aboubacar Sy (Rta), premier khalife de Maodo Malick. Il a d’ailleurs maintenu la dynamique en dirigeant personnellement, aussi bien les séances de « bourde » que le Maouloud, jusqu’au dernier Gamou qui a précédé de quelques mois son rappel à Dieu.

Dans l’entretien et la consolidation des relations entre confréries, voire les relations humaines, El Hadj Abdoul Aziz Sy était un modèle. , il s’est fait un honneur de contribuer à l’unité et à la concorde entre confréries. En fervent partisan de la paix, il s’est personnellement, toujours et régulièrement investi pour appeler à l’union des cœurs et des esprits, aux fins de l’instauration d’un climat social serein partout. À cet égard, il est régulièrement monté au créneau pour apaiser les esprits, pour dénoncer certains comportements et injustices et a  toujours appelé à la solidarité, à l’unité, entre autre.

Il décède le 14 septembre 1997 et son neveu Serigne Mansour Sy lui succède dans ses fonctions de Khalife des Tidianes.