octobre 30, 2020

L'Etoile Filante

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28 Safar commémoration du décès du Saint Prophète Muhammad (PSLF)

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28 safar

Le Messager n’est pas immortel

Dieu, le Très-Haut, dit : ((Muhammad n’est qu’un messager, -des messagers avant lui ont passé. S’il mourrait donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talents ? Quiconque retourne sur ses deux talons ne saura faire à Dieu le moindre mal, tandis que Dieu bientôt rétribuera les reconnaissants)) (Coran III, 144). S’adressant au Prophète (P), Il a dit, à Lui la Grandeur et la Gloire : ((Tu es pour mourir, eux aussi sont pour mourir)) (Coran  IXL, 30). Il a dit aussi : ((Et nous n’avons assigné à l’immortalité nul homme avant toi. Mourrais-tu alors que ceux-ci demeureront ?)) (Coran XXI, 34).

Nous commémorons, au vingt-huitième jour de ce mois de safar,  le décès du saint Prophète Muhammad (P) qui a passé toute sa vie comme annonciateur de bonnes nouvelles, comme avertisseur, comme celui qui invoque Dieu – avec sa permission- et comme un brillant luminaire, qui a, durant toute sa vie, été tellement éprouvé, lui qui a dit : « Aucun prophète n’a été maltraité comme je l’ai été moi-même ».

Le premier Verset ((Muhammad n’est qu’un messager)), a été révélé a Uhud lorsque, blessé au combat, le Prophète (P) a entendu quelqu’un crier en disant que Muhammad est mort et que le besoin s’impose d’aller rejoindre Abû Sufyân et d’obtenir son agrément. Quelqu’un d’autre a dit  que si Muhammad est mort, le Seigneur de Muhammad ne l’est pas et qu’il fallait vivre comme il a vécu et mourir sur la voie qu’il a empruntée.

Ce Verset prouve que Dieu n’a pas donné l’immortalité au Prophète (P). Il était un homme comme tous les autres hommes. Il avait à vivre pour quelque temps et à en finir par mourir. Il tombait malade comme les autres hommes, et il lui arrivait d’être gagné par des sentiments de tristesse tout comme les autres hommes. Sauf qu’il était un Messager qui recevait la Révélation divine : ((Dis : ‘Je ne suis qu’un mortel comme vous, sauf que je reçois une Révélation)) (Coran XVIII, 110). Il était la lumière qui éclairait les raisons des hommes par le Message et leur vie par la loi, et qui ouvrait leurs cœurs vis-à-vis de Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire.

Dieu, le Très-Haut, dit : ((Dieu a épargné aux croyants le combat)) (Coran XXXIII, 25). Ce Verset a eu une interprétation affirmant que c’est par ‘Alî (p) que Dieu a épargné aux croyants le combat. En fait, ‘Alî (p) avait affronté ‘Amr Ibn ‘Abd Widd qui avait pu franchir le fossé et qui s’était mis à défier les Musulmans en leur disant « Celui qui aimerait gagner le Paradis n’a que m’affronter au combat singulier. Je le tuerai et il gagnera ainsi le Paradis ». De son côté, le Prophète (P) disait : « Je garantis le Paradis pour quiconque affronterait ‘Amr ». Le Prophète (P) avait répété cet appel par trois fois. Et chaque fois, personne ne se proposait de l’affronter autre que ‘Alî (p). Il disait : « O Messager de Dieu ! Laisse-moi l’affronter ! ». ‘Alî (p) était donc entré en duel avec ‘Amr alors que le Prophète (P) répétait : « Seigneur ! Ne m’abandonne pas seul, Toi qui est le meilleur des héritiers », et

« La foi toute entière défie au combat le polythéisme tout entier ». Et lorsque ‘Alî (P) a tué ‘Amr, qui équivalait à mille cavaliers, le Prophète (P) a dit : « Le coup de ‘Alî dans la bataille du fossés équivaut aux actes cultuels des humais et des djinns ».

La bonne action

On sait que le Prophète (P) était tombé malade vers la fin de sa vie. Il s’était présenté à la mosquée avec la tête bandée tellement il souffrait. Comme il était faible, il s’appuyait du côté droit sur le Commandeur des croyants, ‘Alî Ibn Abû Tâlib (p) et, du côté gauche, sur al-Fadl Ibn ‘Abbâs. Monté à la tribune, le Prophète (P) a dit : « O gens ! Je ne tarderai pas de vous quitter. Que celui à qui j’ai promis quelque chose vienne pour que je le lui rende. Que celui à qui je dois quelque chose vienne pour me le dire. O gens ! Personne n’a auprès de Dieu quelque chose d’autre que l’action ».  « O gens ! Ne prétendez à rien et ne souhaitez rien. Car, par Dieu qui m’a envoyé par la vérité comme prophète, rien ne me sauvera qu’une action de compassion. Si je désobéis je serais perdant. Ai-je communiqué mon message ? Seigneur ! Sois-en témoin ».

La leçon que le Prophète (P) voulait donner aux Musulmans est que, dans sa relation avec Dieu, l’homme doit faire des bonnes actions pour se rapprocher de Dieu. L’Imâm ‘Alî (p) a dit dans ce sens : « Celui qui est un partisan de Muhammad est celui qui obéit à Dieu même s’il est de descendance éloignée. L’ennemi de Muhammad est celui qui désobéit à Dieu, même s’il est de descendance proche ».

Après avoir dirigé la prière tout en l’écourtant, le Prophète (P) est retourné chez lui. Avant sa mort, il a dit à l’un de ses compagnons, à savoir Abû Muwayhiba : « J’ai reçu l’ordre de demander pardon pour les habitants de Baqî’ (le cimetière de Médine). Viens donc avec moi ». Arrivé à Baqî’, il a longuement demandé pardon pour les siens, puis il leur a adressé la parole en disant : « Grand bien vous fasse pour l’état où vous êtes et parce que vous n’aurez pas à subir ce que les gens sont sur le point de subir. Les séditions s’approchent comme des morceaux de nuit sombre.  Des morceaux qui se suivent les uns les autres, les derniers suivent les premiers ; les derniers sont pires que les premiers ».

Recommandations pour le salut 

Lors du pèlerinage d’Adieu à Minâ, le Prophète (P) a harangué les pèlerins en disant : « Que Dieu assiste un serviteur qui écoute mes propos, qui les assimile et qui les communique à celui qui ne les aurait pas entendus. Innombrables sont ceux qui apportent la connaissance à des personnes encore plus savantes. Il existe trois choses qui épargnent à l’homme le châtiment : Le cœur d’un serviteur musulman dont l’action ne vise que Dieu, le conseil donné aux Imâms des Musulmans et le fait de ne pas s’écarter de la communauté des Musulmans. L’appel des Musulmans les englobe tous, et les Musulmans sont frères. Leurs sangs s’équivalent. Ils sont unis contre leurs ennemis et celui qui, d’entre eux, est inférieur peut décider pour celui d’entre eux qui est supérieur ».

Voici une recommandation que le Prophète (P) a donnée lors du pèlerinage d’Adieu : «  O gens ! Sont sacrés (illicites) entre vous comme l’est ce jour-ci et ce mois-ci  et comme l’est ce pays-ci, vos sangs, vos biens et l’honneur de vos femmes, et cela jusqu’au jour où vous rencontrerez votre Seigneur à qui vous rendrez compte de vos actions. Ai-je communiqué mon message ? Seigneur ! Sois-en témoin ! Celui qui détient un dépôt doit le rendre à celui qui le lui a déposée. Craignez Dieu dans vos façons de traiter les femmes. Ne les opprimez pas et ne soyez pas injustes envers elles ! N’usurpez pas leurs droits. Tenez toujours à leur faire du bien. Ai-je communiqué mon message ? Seigneur ! Sois-en témoin ! O gens les croyants sont des frères, et les biens de l’un ne sont pas licites pour un autre contre son gré. Ai-je communiqué mon message ? Seigneur ! Sois-en le témoin ! Ne redevenez pas, après moi, des mécréants que les uns et les autres se frappent réciproquement les visages avec leurs sabres. Je vous laisse deux choses grandioses. L’une d’elle est plus grande que l’autre : Le Livre de Dieu et ma progéniture. Prenez garde dans votre conduite envers eux après ma mort. Ils ne se sépareront pas l’un de l’autre jusqu’à ce qu’ils reviennent auprès de moi au bord de la Fontaine ».

« O gens ! Votre Seigneur est un et votre père est un. Vous êtes tous les descendants d’Adam et Adam est créé de poussière.  ((Le plus noble parmi vous, auprès de Dieu, est celui qui, parmi vous, est le plus pieux)) (Coran IXL, 13). Un Arabe n’est supérieur à un non Arabe que par la piété ».

Le Prophète (P) a voulu, lors de ce dernier pèlerinage, informer les Musulmans au sujet de l’Imâm légal qui aura à les diriger après lui et qui auront, eux-mêmes, à suivre, à assister et à ne pas abandonner. Il a donc fait station, au dix-huitième jour du mois de rajab à Ghadîr Khum en plein midi, et il a fait dresser une tribune avec des selles de chameaux. Du haut de la tribune, il a pris la main de ‘Alî ‘(p) et l’a soulevée tellement haut que les gens ont vu la couleur blanche sous leurs aisselles. Puis il a dit :

« O Gens ! N’ai-je pas sur les Musulmans plus d’autorité qu’ils n’ont pas sur eux-mêmes ? Ils ont répondu que oui. Le Messager de Dieu (P) a dit alors : « Dieu ! Sois-en témoin ! ». Puis il a dit : « Celui qui considère que j’ai de l’autorité sur lui, doit considérer que ‘Alî a de l’autorité sur lui. Seigneur ! Sois l’ami de celui qui est son ami et l’ennemi de celui qui est son ennemi. Assiste ceux qui l’assistent et abandonne ceux qui l’abandonnent et fais diriger le vrai avec lui là où il se dirige … ». Il a demandé aux gens de le saluer en l’appelant ‘Commandeur des croyants’. On dit que ‘Umar Ibn al-Khattâb lui aurait dit : « Félicitation ! Félicitation pour toi, ô ‘Alî ! Tu es devenu notre maître et le maître de tout croyant et de toute croyante ».

Pourtant, les choses ont changé et ‘Alî (p) a été frustré de son droit. Et comme ‘Alî (p) se souciait de l’Islam et des Musulmans, il n’a pas voulu faire prévaloir son droit pour ne pas provoquer un problème qui nuirait à l’avenir de l’Islam et des Musulmans. Il a dit à ce propos : « Je me soumettrai tant que les affaires des Musulmans seront respectées …».

‘Alî (p) s’est mis en devoir de laver la dépouille de Prophète (p) et de l’ensevelir. Il est à signaler que Fâtima az-Zahrâ’ (p) était venue voir le  Prophète (P) juste avant sa mort. Il l’a alors couvée de ses bras et, lui chuchotant quelques mots, elle s’est mise à pleurer. Il l’a couvée une seconde fois et là, elle s’est mise à sourire. L’assistance lui a demandé de l’informer sur ce qui se passe mais elle a refusé de dévoiler le secret que le Messager de Dieu (P) lui a communiqué. Elle ne l’a dévoilé qu’après sa mort en disant : « Quand il m’a couvée, la première fois, il m’a dit qu’il allait mourir, et c’est alors que j’ai pleuré. Quand il m’a couvée la seconde fois, il m’a dit que je serai la première parmi les siens qui mourra après lui, et c’est alors que j’ai souri ». Cela prouve que la relation spirituelle était très profonde entre az-Zahrâ’ (p) et son père (P).

Nous devons célébrer la mémoire du Messager de Dieu pour mieux nous engager à servir la cause de l’Islam. L’Islam est le Message de Dieu et le dépôt que Dieu nous demande de garder. Dieu nous demande d’être comme  ((Ceux auxquels on disait : « Les gens ont sûrement réuni leurs forces contre vous, craignez-les », leur foi augmentait alors, et ils répondaient : « Dieu nous suffit ! Quel excellent Protecteur ! Ils sont revenus avec un bienfait et une grâce de Dieu. Aucun mal ne les a touchés. Ils ont cherché le bon plaisir de Dieu. Dieu est le Maître d’une grâce incommensurable. Le démon est ainsi : Il effraye ses suppôts. Ne les craignez pas, craignez-Moi, si vous êtes croyants)) (Coran III, 173-175).

Que les bénédictions et la paix soient sur le Messager de Dieu (P), le jour où il est né, le jour où il est passé auprès de son Seigneur et le Jour où il sera ressuscité ! Nous invoquons Dieu de nous aider à suivre son exemple, à comprendre ses paroles et à obtenir son intercession, ((Le jour où ni les richesses, ni les enfants ne seront utiles, sauf pour ceux qui iront à Dieu avec un cœur pur)) (Coran XXVI, 88-89) !

 

hajij

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