USA/Iran: la guerre est proche?

Où mèneront-elles, les illusions de Trump et de son secrétaire d’Etat ? The Examiner y va de sa réponse.

« Le 8 mai, quelques minutes après que le président américain ait annoncé au monde entier que les États-Unis sortiraient de l’accord nucléaire iranien, les Européens, les Iraniens, les Russes et même de nombreux Américains se demandaient ce que serait le plan B de l’administration de Donald Trump. La décision de Trump était si imprévisible et si soudaine qu’il ne semblait pas avoir d’autres plans que de faire pression sur Téhéran dans l’espoir que ce dernier reculerait un jour, a écrit le web site Washington Examiner.

« Or le discours du 21 mai du secrétaire d’État Mike Pompeo sur l’Iran, qui a suivi celui de Trump, était censé rendre crédible cette stratégie-éclair sur l’Iran. Or, ce que nous avons reçu à la place était d’environ 35 minutes de fanfaronnades enveloppées dans des délires désespérés. En effet, lorsque Pompeo a conclu ses remarques, l’observateur ne pouvait s’empêcher de croire que la Maison-Blanche est moins intéressée par un quelconque marché avec l’Iran que par une nette capitulation de ce pays. Mais l’Iran est-il à même de capituler? Si Téhéran refuse toute reddition inconditionnelle, comme les Allemands à Versailles, l’administration de Trump adoptera ce que Pompeo a décrit comme « le régime de sanctions le plus fort de l’histoire » en indiquant que « l’aiguillon des sanctions sera douloureux ». Soit. Mais quelle sera la prochaine étape? Croire que Téhéran considérera, et encore moins mettra en œuvre, les 12 « recommencements » de Washington et ce, en échange de quelques maigres incitations économiques et politiques, relève de la naïveté ».

Et le journal d’ajouter:  » C’est tellement délirant qu’on se demande si la Maison Blanche ne serait plutôt sur le point de tâter le terrain en vue d’une confrontation militaire à venir. Si cela est le cas, rappelons une chose : les États-Unis, aussi puissants soient-ils, ne devraient pas placer tous leurs œufs dans ce panier dangereux qu’est la guerre; surtout qu’au Moyen-Orient, rares sont les guerres gagnés par les États-Unis. La stratégie US ferme la porte à tout dialogue et se met à dessin au défie. Faire la guerre à l’Iran est une chose, pouvoir la gagner en est une autre ».

Interrogé par Sputnik, le membre de l’Académie des sciences de Russie, Alexeï Arbatov, dénonce de son côté la politique aventuriste de Washington face à l’Iran qui mènera à une nouvelle guerre: « Les actions de Washington dans la région témoignent du manque de professionnalisme de l’administration de Donald Trump :

« Si l’on ne réussit pas à maintenir l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, grâce aux efforts de l’Europe, de la Russie et de la Chine, s’il [l’accord iranien, ndlr] échoue et l’Iran reprend son programme, une frappe israélienne immédiate suivra. Peut-être avec les États-Unis. Ce sera une nouvelle guerre parce que l’Iran répondra avec tous les moyens dont il dispose », a conclu l’interlocuteur de Sputnik.