L’Iran répond à l’offre de dialogue de Trump

L’ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies a rejeté l’appel du président américain Donald Trump à de nouvelles négociations avec Téhéran, affirmant que le retrait de Trump de l’accord nucléaire de 2015 l’an dernier, indiquait qu’il pourrait « revenir de nouveau » sur sa décision lors de négociations futures.

« La première question à laquelle Trump doit répondre est la raison pour laquelle il a quitté la table des négociations, car nous avions parlé à tous les participants à l’accord nucléaire, y compris les USA, dans le cadre de la commission mixte de cet accord. Tout à coup, il a décidé de quitter la table des négociations. Quelle est la garantie qu’il ne reviendra pas sur les négociations à venir entre l’Iran et les États-Unis ? » a déclaré Majid Takht Ravantchi dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine MSNBC jeudi.

Le représentant de l’Iran à l’ONU a souligné que Trump avait « déchiré » l’accord et fait dérailler la diplomatie en retirant les États-Unis de l’accord, alors qu’il s’agissait d’un accord nucléaire multilatéral signé entre l’Iran et six gouvernements, y compris celui des États-Unis, et approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Le président Trump vient de dire que ce qu’il veut de l’Iran, c’est de ne pas avoir d’armes nucléaires ; il n’a apparemment pas lu les 14 rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) affirmant que l’Iran respectait toutes ses obligations fondées sur le Plan global d’action conjoint (PGAC). Les armes nucléaires ne nous intéressent pas », a ajouté Takht Ravantchi.

Les propos de l’ambassadeur d’Iran à l’ONU interviennent après que le président américain a appelé jeudi à des négociations avec l’Iran, sur fond de tension accrue autour de la politique de plus en plus belliciste de l’administration US à l’égard de l’Iran.

Dans une interview exclusive avec MSNBC, l’ambassadeur Majid Takht Ravantchi a rejeté les déclarations de l’administration Trump selon lesquelles Téhéran constituait un danger accru pour les intérêts américains dans la région.

« Ce sont des allégations qui émanent des mêmes personnes qui sont responsables de l’invasion américaine en Irak », a déclaré Takht Ravantchi, faisant apparemment référence au conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui travaillait avec l’administration de George W. Bush lors de l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

« Nous n’acceptons donc pas une telle allégation. Et toutes ces allégations ne sont que de fausses informations », a-t-il déclaré.

À la question de savoir si Téhéran continuerait de respecter l’accord nucléaire après le retrait des États-Unis, Takht Ravantchi a déclaré que l’accord avait été sérieusement compromis par Washington et que l’Iran réagirait en fonction de ses intérêts nationaux.

« Les Européens nous ont dit de ne pas nous précipiter pour sortir de l’accord nucléaire, et nous avons accepté leur suggestion. Depuis une année, nous attendons une réponse crédible et concrète, pas seulement des mots de soutien, qui sont bons, mais pas suffisants », a-t-il dit.

L’Iran s’est plaint à l’Europe de la mise en œuvre retardée d’un mécanisme financier européen destiné à contourner les sanctions américaines.

Mercredi, le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé que le Conseil suprême de la sécurité nationale avait décidé de suspendre l’application d’une partie de ses engagements au titre de l’accord nucléaire. Selon cette décision, l’Iran cessera de vendre ses excédents d’uranium faiblement enrichi et d’eau lourde, comme le lui imposaient les termes de l’accord sur le nucléaire.

Rohani a déclaré que l’Iran prendrait des mesures supplémentaires dans 60 jours si les autres signataires ne réussissaient pas à faire en sorte que son maintien dans l’accord nucléaire continue à lui être bénéfique en dépit du retrait des États-Unis.

Les sénateurs démocrates ont critiqué le gouvernement Trump pour son retrait de l’accord nucléaire et ont accusé son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, d’attiser les tensions et d’ouvrir la porte à une éventuelle guerre.

isna