Événement de Ghadir Khumm

Les musulmans, principalement les chiites considèrent l’anniversaire de l’évènement de Ghadïr comme l’une de leurs grandes fêtes et ce jour est connu chez eux comme la fête
de Ghadïr

Les cérémonies de prestation de serment envers le calife abbasside  Must’ali b. Mustansar, à l’anniversaire de la fête de Ghadïr en 487 de l’hégire  et les grandes ucérémonies commémorant cet évènement organisées actuellement en Irak ;en Iran ; au Pakistan ; au Liban et dans de nombreux autres pays témoignent de cette importance.

De même, les sunnites rapportent que celui qui observe le jeûne du 18 Dhu al-Hijja, le Seigneur lui accordera les récompenses de six mois de jeûne et ce jour coïncide avec la fête de Ghadïr

La nuit de la fête de Ghadïr est considérée chez les musulmans comme une nuit d’importance.
Vu l’importance de cet événement ; il est nécessaire de 
relater son historique.

Contexte géographique et historique :

Ghadir Khumm, ou le marais de Khumm (est un marécage situé et formé au printemps au lieu-dit de Khumm  dans la vallée du Wadi Rabigh, et localisé sur le côté est de la route Médine-La Mecque, soit approximativement à 180 km des deux cités.
Il donne son nom à un événement crucial de l’histoire islamique survenu quelques mois avant le décès de Mahomet au cours duquel ce dernier proclame son cousin et beau-fils Ali ibn Abi Talib comme Mawla des musulmans.
Le 18 du mois de Dhou al-hijja de l’an 10 du calendrier hégirien -soit le 16 mars 632 du calendrier grégorien- juste après le Pèlerinage d’adieu, Mahomet regroupe les musulmans et professe un sermon qui suit la révélation du verset (5:67) : Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, alors tu n’auras pas communiqué son message. Et Dieu te protègera des gens. Certes, Dieu ne guide pas les gens mécréants.

Révélation du verset de Tablîgh

Le jeudi 18 Dhu al-Hijja, ils arrivèrent à Ghadïr Khumm et avant que les habitants de la Syrie, de l’Egypte et de l’Irak se séparent de la foule des pèlerins, le verset de propagande a été révélé par l’ange Gabriel au Prophète qui a été chargé de la part du Seigneur de présenter l’Imam Ali (a) aux mus  ulmans comme Imam – maître initiateur (walî = Guide) et successeur après lui.

Suite à la révélation de ce verset, le Prophète ordonna à la caravane de s’arrêter, puis il demanda à ceux qui devançaient, de revenir vers Ghadir Khumm et à ceux qui retardaient, de rejoindre les autres au plus vite à Ghadir Khumm. [3]

Sermon de Ghadïr

Celui dont j’étais le Mawla alors Ali est son Mawla

 

Après l’accomplissement de la prière du midi, le Prophète prononça un sermon, connu sous le nom du sermon de Ghadïr, dans lequel, il dit :

« Louange à Dieu, à Qui nous sollicitons Son aide, en Qui nous avons foi, à Qui nous demandons de nous protéger contre les maux de nos âmes et de nos mauvais comportements… Dieu Bienveillant et Informé m’a appris que je serais bientôt invité vers Lui et que je répondrai positivement à cette invitation… Moi, je me trouverai avant vous à côté du Bassin de Kawthar où vous me rejoindrez. Alors, sachez comment vous vous comporterez après moi, envers les deux trésors : le grand trésor est le Livre de Dieu… et l’autre, plus petit, sont mes Ahl al-Bayt (a)… ».

Puis le Prophète leva la main de l’Imam Ali (a) pour laisser tout le monde le voir à côté du Messager de Dieu, déclarant :

« Ô gens ! N’ai-je pas priorité sur vous avant même vos propres personnes ? »

Et les gens de répondre : « Si, ô Messager de Dieu! »

Le Prophète a donc ajouté :
« Dieu est mon gardien et je suis le gardien des croyants et j’ai priorité sur eux par rapport à eux-mêmes. Alors celui dont je suis le maître, l’Imam Ali (a) aussi est son maître. »  ou bien encore dans une autre version :
Dieu est mon Mawla et je suis le Mawla des croyants et je suis la personne qu’ils doivent prioriser avant leur propre personne. Celui dont j’étais le Mawla alors Ali est son Mawla, ce qu’il répète trois fois (Celui dont j’étais le Mawla alors Ali est son Mawla).Le Prophète répéta trois fois cette phrases et ajouta :
« Mon Dieu, aime et administre celui qui aime l’Imam Ali (a) et adopte-le comme administrateur ! Sois l’ennemi de celui qui devient l’ennemi de l’Imam Ali (a) ! Assiste celui qui l’assiste et laisse celui qui le laissera ! »
Puis s’adressant aux croyants, il dit :

« Ô gens ! Que ceux qui sont présents transmettent ce message aux absents. »

Révélation du verset d’Ikmal

La foule n’était pas encore dispersée que l’ange Gabriel apparut pour la seconde fois, faisant descendre de la part de Dieu, le verset d’Ikmal vers le Prophète :

Aujourd’hui J’ai parachevé votre religion et vous ai accordé Mon entier bienfait. J’agrée pour vous l’islam comme religion

Félicitations à Ali (a)

A ce moment, les gens ont commencé à féliciter l’Imam Ali (a). Parmi les compagnons qui félicitèrent l’Imam Ali (a) avant les autres, se trouvaient Abu Bakr et Umar ibn al-Khattab. Ce dernier disait sans cesse :

« Ô fils d’Abu Talib, bravo à toi ! Tu es mon maître et le maître de tous les hommes et de toutes les femmes croyants. ».

Le Prophète ordonna de dresser une tente pour l’Imam Ali (a) et il demanda aux musulmans de se rendre en groupe auprès de lui et de le saluer comme prince des croyants. Tout le monde, même les épouses du Prophète (s) et celles des musulmans obéirent à la prescription du prophète.

Rapporteurs de Ghadïr

Il existe peu d’événements historiques dans le monde de l’islam qui soient, au niveau des documents et de l’authenticité, aussi forts et solides que l’événement du Ghadïr.
Les rapporteurs du hadith de Ghadir sont nombreux, dont :Ahl al-Bayt (a) -omar ibn al-Khattab-
Uthman ibn Affan –Aïcha, fille d’Abu Bakr–Salman al-Farisi Abû Dhar al-Ghifârî–Zubayr b. ʻAwâm –Jâbir b. Abd Allah al-Ansârî –Abbas b. Abd al-Muttalib–Abû Hurayra
Ils furent tous présents à Ghadïr Khumm et rapportèrent sans intermédiaire le hadith de Ghadïr.
Il existe aussi des Tâbi’în (élèves des compagnons du Prophète (s) ), dont 83 rapportent le hadith de Ghadïr et parmi lesquels on peut citer : Asbagh b. Nubâta –Omar b. Abd al-Azîz(calife omeyyade) .
Après les Tâbi’în, parmi les oulémas sunnites du 2e au 14e siècle, 360 personnes ont cité le hadith de Ghadïr, parmi lesquels  on peut mentionner : L’Imam des Shâfiʻites–l’Imam des Hanbalites —Ahmad ibn Shuʻayb–Nasâ’ï Ibn Maghâzilî –Ahmad b. Abd Allah–Ahmad b. Abd Rabbih.
De même, de nombreux traditionnalistes et oulémas chiites ont rapporté le hadith de Ghadïr dans différents livres, parmi lesquels on peut citer : le Cheikh Kulaynï ; le Cheikh Sadûq–le Cheikh al-Mufîd ;Sayyid Murtadâ etc.
De nombreux d’entre eux considèrent le hadith de Ghadïr comme « bon », et les autres comme authentique.
Par ailleurs, tous les traditionnalistes chiites et certains grands religieux sunnites considèrent le hadith de Ghadïr comme un hadith ayant de nombreuses chaînes de transmetteurs authentiques.